Rappel historique

Après le procès intenté à Georges SOULIE de MORANT, dans les années 50, par un de ses élèves médecins, l’acupuncture a connu une éclipse de quelques années avant de renaître tout début 60. Quelques Maîtres se partageaient l’enseignement qui était dispensé uniquement aux professionnels issus des différentes formations médicales.

L’information était alors diffusée dans la presse professionnelle et totalement ignorée du grand public. La question des connaissances acquises en sciences fondamentales médicales ne se posait donc pas à l’intérieur de ce recrutement.

Le contenu des études en acupuncture se faisait en confrontant les deux modèles d’approche du patient et de sa pathologie.

Parmi les élèves ainsi formés, un certain nombre s’est investi dans l’enseignement. Pour des raisons évidentes de fonctionnement et un manque de notoriété, le recrutement s’est élargi à la société civile, sans pour autant palier aux lacunes en sciences fondamentales bio-médicales indispensables à l’exercice d’une profession de santé en France.

Fin des années 70, plus de 40 instituts de formation dits de MTC, avaient vu le jour, avec des niveaux très hétérogènes, dispersant dans la nature des praticiens fragiles face aux sanctions judiciaires.

Les plus lucides, devant cette inflation, on comprit la nécessité d’homogénéiser l’enseignement sur une base commune et de regrouper les structures en les fédérant.

C’est ainsi qu’a été fondée la Fédération Nationale de l’Acupuncture Traditionnelle qui a délivré en 1982 le premier Certificat de Praticien ayant reçu un enseignement conforme aux normes établies par l’Institut Français de l’Acupuncture Traditionnelle (IFAT).

La même année avec le Dr Michel FREY, André BRUNEL et quelques autres responsables de nos formations respectives, nous avons fondé le Syndicat des Acupuncteurs Traditionnels ( SAT ) et désigné Alain PEYRONNEL pour le présider.

En décembre 1982, on fondait le CREAT qu’Alain PEYRONNEL a dirigé jusqu’à son décès en juin 2009, mais c’est le SAT qui est à l’origine du DNAT, qui délivra le diplôme jusqu’en 1986. A la création du Conseil Supérieur de l’Acupuncture Traditionnelle (CSAT) en 1985, celui-ci fût chargé de l’enseignement et de la délivrance du DNAT.

Dès sa création en 1985, le CSAT, également présidé par Alain PEYRONNEL, de par ses Statuts a eu la charge de définir les programmes d’enseignement applicables par tous pour passer le DNAT.

Après l’échec du projet proposé par Mme Georgina DUFOIX en 1988, les choses sont restées en l’état jusqu’à l’Avis N° 1561 présenté à l’Assemblée Nationale le 5/10/94 par le Député Georges TRON au nom de la Commission des Affaires Culturelles, Familiales et Sociales sur le projet de Loi de Finances pour 1995 qui proposait de régulariser la situation des médecines alternatives par un encadrement législatif.

A la suite de cette avancée, en 1996 Alain PEYRONNEL nous a missionnés au CSAT pour une étude des différents cursus pratiqués dans les pays étrangers.

La somme de cette enquête a été résumée dans une synthèse remise au Président qui a produit un document adressé aux écoles dont il ressort la déclaration suivante : « Les 3 premières années représentent les études communes avec la médecine occidentale. Ces matières communes entrent également dans l’enseignement de la médecine chinoise en République Populaire de Chine » Soit 1650 h sur 6 ans.

Cette base correspond exactement au projet présenté par le C.S.N.A.T. pour lequel la préparation à l’examen du Diplôme National Supérieur de Médecine Acupuncturale (D.N.S.M.A.) commencera dès la rentrée d’octobre 2010 pour une première promotion qui sortira en 2013.

Ce n’est pas remettre en cause les fondamentaux de l’Acupuncture Traditionnelle, comme certains voudraient le faire croire, mais réhabiliter un dossier resté en suspend sur les bases des recommandations ministérielles déjà établies en 1998.

Pour des raisons politiques diverses et des intérêts particuliers, le projet n’a pas connu de suites favorables. Notre Président, déjà âgé, n’a pas eu l’énergie suffisante pour relancer le dossier.

Lorsque en juin 2009, la Présidence m’a été confiée par le Conseil d’Administration, j’ai jugé qu’une seule personne ne devait pas présider les deux structures pour qu’il n’y ait pas d’intérêts croisés et que le nouveau Conseil Supérieur National de l’Acupuncture Traditionnelle (CSNAT) soit souverain dans les décisions à prendre, telles que le déclarait le Président PEYRONNEL dans une lettre ouverte au Corps enseignant : « Notre profession en France est parfaitement structurée. Le Conseil Supérieur de l’Acupuncture Traditionnelle (CSAT) est chargé de veiller à l’éthique de la profession et au bon enseignement. Pour cela, le CSAT, élabora début 1985, un programme d’enseignement que les écoles agréées par le CSAT ont obligation de dispenser.

C’est la raison pour laquelle j’ai nommé le Dr Michel FREY pour présider le CSNAT. Cette nomination lui revenait de droit comme Membre Fondateur du SAT qui avait été dissout en 1996 sur décision de justice suite à un procès intenté par le Syndicat des Médecins Acupuncteurs.

Pour reprendre l’initiative de proposer un projet répondant aux normes fixées en 1998, il fallait renouer le dialogue avec l’Administration de la Santé et que seul un médecin pouvait présenter les garanties de crédibilité.

Il faut bien distinguer ce qui ressort du domaine purement intellectuel et spécifique de notre art et celui de la législation dans laquelle on entend l’inscrire.

La médecine chinoise n’en reste pas moins, aux yeux de la loi, un exercice sévèrement encadré et réglementé.

Il ne faut pas perdre de vue que le DNAT est un diplôme consacrant les connaissances acquises et conférant des compétences en Acupuncture traditionnelle qu’il ne faut pas confondre avec la Médecine chinoise qui inclut la pharmacopée. Ce volet du dossier est à distinguer de notre objectif, car en l’état de la législation il concerne l’Ordre National des Pharmaciens qui entend défendre cette spécificité.

Traitons les choses possibles, si on ne veut pas que tout soit rejeté en bloc.

Un constat, qu’on pourrait considérer comme affligeant, a montré que sur 900 questionnaires envoyés, seule une soixantaine y a répondu, ce qui tendrait à prouver qu’une majorité se désintéresse du devenir professionnel.

Notre rôle de responsables est, non seulement de veiller à la protection des anciens, mais aussi de se projeter dans le futur, en proposant aux étudiants des structures solides garantissant des perspectives d’avenir.

Dans le cadre de la Santé durable, les Acupuncteurs ont un rôle privilégié à tenir, à la condition d’accepter de faire l’effort d’une formation à la hauteur de l’objectif à atteindre.

L’Administration nous fournit les clés et nous devons fabriquer les serrures qui s’y adaptent.

Le projet présenté qui sera un laboratoire d’expérimentation mis en place sur Paris pour des impératifs structurels est élaboré pour permettre aux Ecoles de se réorganiser pour ne pas se voir condamnées à disparaître faute de proposer un enseignement en conformité avec les recommandations du Ministère.

Bernard AVEL

Président du CCREAT