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CSNAT INFOS JUILLET 2020

L’EXPÉRIENCE et EXPÉRIENCE

Bernard AVEL Vice Président du CSNAT

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« L’expérience ne peut jamais tromper, elle peut être incomplète, jamais menteuse » (Lettre de G. Sand à G. Flaubert Nohant, 5 février 1873)

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« L’expérience ne peut jamais tromper, elle peut être incomplète, jamais menteuse » (Lettre de G. Sand à G. Flaubert Nohant, 5 février 1873)

Il ne faut pas confondre l’expérience ancestrale et expérience scientifique.

L’expérience ancestrale, s’est construite en strates successives par des milliers de générations. Elle a fini par se fixer dans le patrimoine culturel, de laquelle résulte notre logique.
La tradition orale a permis l’accumulation des documents recueillis au cours des millénaires. C’est ce qui a produit des éléments scientifiques, résumé des parties non héréditaires de l’expérience ancestrale et que l’intelligence exploite .
Cependant, la tradition écrite ou orale, a conservé en même temps que les faits bien observés, des explications erronées résultant d’une connaissance incomplète des choses. C’est pourquoi il faut être très objectif lorsque nous évoquons la Tradition.

L’expérience est un fait vécu, volontairement ou non, qui permet de développer la connaissance des êtres et des choses par leur pratique et par une confrontation plus ou moins longue de soi avec le monde. C’est le résultat de cette acquisition, qui constitue l’ensemble des connaissances concrètes acquises par l’usage et le contact avec la réalité de la vie, et prêtes à être mises en pratique pour protéger ou améliorer celle-ci.

L’expérience est aussi un fait observé, destiné à vérifier une hypothèse ou à étudier des phénomènes, par l’observation de faits naturels ou de faits provoqués (selon Pascal, Traité de la pesanteur de la masse de l’air).
L’expérience scientifique est une interaction avec l’environnement, destinée à vérifier une hypothèse dans le cadre d’une théorie réfutable. L’observateur définit et note précisément les conditions de réalisation, afin qu’elle soit reproductible. La recherche scientifique codifie des règles d’expérimentation et l’épistémologie étudie leur validité.

L’expérience ressort de ce que nous vivons et percevons, de ce que nous faisons et imaginons, tout peut devenir expérience, mais l’expérience n’est pas tout. Elle résulte d’une incorporation particulière et singulière acquise, apprise, transmise et éprouvée. Consciemment ou inconsciemment, elle contient le sens subjectif ou la valeur que l’on donne et que l’on capitalise durant son parcours existentiel des objets, situations, événements, émotions, images, récits, gestes, souvenirs.

Le philosophe John Dewey repensant ses écrits aurait préféré le mot culture à celui d’expérience. C’est contestable en partie car la culture permet d’avancer en forgeant les outils de la recherche nés de l’expérience qui aura capitalisé de ce qui est utile et exploitable.

L’expérience résulte d’une incorporation particulière et singulière acquise, apprise, transmise, éprouvée, consciemment ou inconsciemment. Mais peut-elle démontrer quelque chose ?
Contrairement à l’opinion, l’expérience participe à la constitution de la connaissance, mais elle doit être justifiée par une preuve, ou une démonstration qui peut apporter l’évidence d’une preuve.

L’épreuve sanitaire que nous avons tous vécue ces derniers mois a remis en question nos certitudes et ouvert un champ d’expériences dont il faut inventer les outils. Si vous avez eu l’occasion d’exercer vos compétences en acupuncture préventive ou dans le suivi des séquelles chez des patients atteints de la Covid 19, faites-nous part de votre expérience qui pourrait constituer un corpus de connaissances démontrant l’efficacité de l’acupuncture.

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