De fil en aiguilles

LETTRE SEPTEMBRE 2017Un avis du Conseil National de l’Ordre des Kinésithérapeutes   du 14 JUIN 2017 RELATIF A LA PRATIQUE PAR UN KINESITHERAPEUTE DE LA « PUNCTURE KINESITHERAPIQUE PAR AIGUILLE SECHE » ne semble pas avoir alerté nos organisations professionnelles.Cf Les avis–Ordre des masseurs-kinésithérapeutes Cependant, sa portée peut être lourde de conséquences sur la maitrise de nos démarches pour la reconnaissance de nos compétences et de nos diplômes.

« Vu l’article 16-3 du code civil, les articles L 4321-1, R4321-1, R4321-7, R 4321-59, R4321- 62, R.4321-80 R 4321-84, R4321-85, R4321-113 et R.4321-114 du code de la santé publique et l’avis du Conseil national de l’Ordre n°2015-02 relatif aux diplômes, titres et spécificités »

Après en avoir débattu, le conseil national a rendu l’avis suivant :

Dans le cadre de la prise en charge des patients, le kinésithérapeute/physiothérapeute met en œuvre dans sa pratique quotidienne des moyens manuels et instrumentaux adaptés à l’évolution des sciences et techniques. Parmi les techniques de physiothérapie destinées à obtenir un effet de relaxation neuro-musculaire et antalgique la « puncture kinésithérapique par aiguille sèche* »

« L’examen de ces diplômes se fera sur la base des critères de qualité de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement universitaire (AERES) utilisés pour le LMD et sur des critères déontologiques. »

<< Sa mise en œuvre nécessite la réalisation d’un diagnostic kinésithérapique, sans préjudice de l’établissement d’un diagnostic médical....

…. L’utilisation d’aiguilles sèches stériles vise exclusivement la peau ou le tissu musculaire elle ne poursuit aucun but de prélèvement ou d’injection.

Seul le kinésithérapeute ayant validé un cursus de formation complémentaire** à celui de sa formation initiale peut réaliser la « puncture kinésithérapique par aiguille sèche » après avoir réalisé son bilan diagnostic kinésithérapique.

Le contenu du cursus de formation nécessaire à la mise en œuvre de cette technique est déterminé par le collège de la masso-kinésithérapie.>>** (Extraits de la revue Kiné-Formation).

Cet avis introduit une ambiguïté en détournant volontairement le terme “acupuncture” par une appellation hypocrite d’aiguille sèche ! qui est une traduction de la technique “ Deep Dry Needling ” dont l’origine est attribuée au Dr Janet G. Travell.

Or, dans la description de la technique, les moyens sont clairement spécifiés :  » stimulation intramusculaire. On pique l’aiguille dans le point trigger pour provoquer une réponse contractile locale. Pour une application sécurisée et hygiénique du Dry Needling nous utilisons le  matériel suivant : Des aiguilles d’acupuncture jetables stériles….. »

 Nous voyons dans cet avis une volonté de valider un monopole sur l’enseignement et l’exercice d’une pratique déguisée de l’acupuncture par les seuls kinésithérapeutes.

Loin de nous, l’intention de ne pas reconnaitre leurs compétences, puisque nous avons créé le DNSMA qui homologue les titres et diplômes ayant une formation en sciences bio-médicales mais, sous réserve d’être titulaires du DNAT, du DNMTC, ou d’un diplôme européen validé.

Nous veillerons par tous les moyens de recours à ce que les autorités de santé soient attentives à nos arguments et nos démarches, pour que soit reconnue la profession d’acupuncteur et non que celle-ci soit validée comme un monopole de compétences de techniques kinésithérapiques.

L’acupuncture est une médecine totale, qui ne saurait être détournée de ses principes fondamentaux, ni dichotomisée en sous techniques, au seul profit d’une profession.

Que les kinésithérapeutes, séduits par l’acupuncture, fassent l’effort de suivre le cursus classique, sans utiliser un subterfuge, pour détourner la législation par une pratique déguisée.

Bernard Avel

Président du CCREAT