Made in France

Copie de sauvegarde de Copie de sauvegarde de  LETTRE SEPTEMBREDans nos démarches de reconnaissance auprès des autorités de santé, dont nous aimerions quʼelles avancent plus vite, il nous a été fait le reproche de ne pas se placer sur le plan européen en nous tournant vers Bruxelles.

Voilà lʼoccasion de rappeler quʼen 2012 nous avions été à lʼinitiative dʼun projet de Conférence sous le patronage du Parlement européen. Pour quʼune telle manifestation ait quelques chances de se concrétiser, nous avions sollicité les conseils dʼun avocat européen qui prenait la responsabilité des démarches et  es contacts indispensables avec des parlementaires.

Sur sa demande, nous avons échangé une correspondance avec le Président de lʼETCMA qui regroupe des associations de MTC dans les principaux Etats de lʼUnion européenne, afin que ces organisations participent à lʼévènement.

Il nous a été répondu que le Président ne pouvait engager sa fédération sans lʼaval de la FNMTC qui est membre du Conseil dʼadministration. Beaux joueurs, nous avons accepté ces conditions et participé à plusieurs réunions de travail à Aix-en-Provence. Nous avons rendu- compte, à lʼépoque, de ces réunions qui ont abouti sur un constat dʼéchec, car nous proposions un partenariat et non notre intégration dans une organisation dont nous ne partageons pas les mêmes objectifs.

Parallèlement à ces démarches, nous avons réalisé un mémoire sur lʼexercice de la MTC dans les Etats européens. Même si le projet dʼune grande conférence européenne avait avorté faute de participants, notre enquête avait, au moins, mis en relief une grande disparité dans les connaissances, les formations et les pratiques. Il ressort – dans une grande proportion – que la pharmacopée tient une place plus importante que lʼacupuncture. On sent bien là le poids du lobbying des laboratoires chinois qui préfèrent vendre des plantes plutôt que des aiguilles.

Par ailleurs, nous avons constaté une grande disparité des cursus et des contenus, qui peuvent aller de quelques heures à quelques semaines, sachant quʼaucune formation nʼégale ce qui sʼenseigne en France. Dans ces Etats, lʼacupuncture est pratiquée accessoirement dans le cadre dʼune autre profession de santé (kinés, infirmières, sages-femmes, homéopathes ….) comme appoint à un traitement, et non dans lʼapproche hollistique du patient.

Donc, demander la bénédiction de lʼEurope pour obtenir des formations à minima, non, merci. Nous tenons à conserver le haut niveau de nos formations, pour avoir des praticiens de grande qualité. La France a été pionnière dès le XVI°siècle et surtout dans la première moitié du XX° en produisant et traduisant des Textes canoniques originaux. Depuis, elle nʼa cessé de produire une somme de travaux de recherches impressionnante dont elle peut être fière. Le Service de recherche médicale des Armées a un laboratoire spécialisé dans lʼexploration des effets des traitements par lʼacupuncture, ainsi que le CNRS très en pointe sur lʼimagerie médicale fonctionnelle.

Si nous dressons un tableau des grands pôles de recherche mondiale, nous devons admettre que les palmes reviennent aux pays anglo-saxons qui mettent de gros moyens financiers dans la recherche fondamentale et clinique et la France, qui, malgré son conservatisme et ses frilosités administratives, poursuit une quête incessante dans la compréhension des Grands Classiques. Pendant ce temps, que produit lʼEurope si ce nʼest traduire les auteurs chinois modernes, dont on sait lʼallégeance au politiquement compatible. Lʼenseignement sous contrôle nʼest pas notre conception pour faire avancer la connaissance.

Bien que nos autorités de santé aient dʼautres priorités, il est important que nous rappelions à nos représentants de la République, que la France a un rôle de responsabilité pour tenir sa place dans les décisions prises au sein de lʼOMS, pour la promotion de lʼacupuncture.

Bernard Avel

Président du CCREAT