Alerte effraction !

LETTRE octobre 2017 » Ceux qui pensent que cʼest impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient ”

Magnifique slogan anonyme dont on pourrait faire notre devise.

Cʼest en 1976 que la profession a vraiment pris en mains son avenir et son destin en créant lʼANRPA.

Depuis son introduction balbutiante en France et en Europe au XVIIème siècle et les fortunes diverses qui ont ponctué son histoire, lʼacupuncture a traversé trois siècles, malgré les attaques sournoises, tant du corps médical que du clergé qui y voyait une pratique satanique.

Nous ne reviendrons pas sur les étapes et les éclipses de son historique, mais, il convient de rendre hommage aux scientifiques, quʼils soient ou non médecins, pour leur ouverture d’esprit, malgré leurs formations académiques où lʼécart à lʼorthodoxie est sacrilège et parfois sanctionné.

Quelle étonnante médecine, dont la simplicité du fondamental principe rhétorique Yin/Yang, sʼapplique à toutes les lois de la physique et de la vie. Quoi de plus simple, que la découverte de cet outil aux multiples applications, mais de plus complexe dans toutes les subtilités de ce système de pensée universelle qui a tant profité à lʼédification de cette médecine millénaire.

Cʼest probablement ce qui a déstabilisé les certitudes universitaires qui, figées par une reconnaissance officielle, se sont élevées du haut de leur chaires, en invoquant une pratique non évaluée par leur propre science et leurs propres outils de mesures. Accepterions-nous que soit mesurée la hauteur de pensée dʼun philosophe avec un mètre de couturière ?

Il nʼest pas étonnant que cette universalité éveille des vocations et des appétits de coucou, pour se glisser dans le nid de la Médecine chinoise, en invoquant des découvertes inédites publiées sous une fausse identité. Notre Lettre de septembre révèle un de ces subterfuges, au profit dʼune pseudo-spécialisation destinée à créer un monopole dʼexercice, et de renvoyer à la marge les fondamentaux de lʼacupuncture.

La manœuvre est habile, avec la bénédiction dʼun Ordre professionnel qui outrepasse ses droits, en anticipant lʼarbitrage des autorités de santé, et en donnant un avis favorable sur une question dont on aimerait savoir qui en est lʼauteur.

Depuis des années, un certain nombre de propositions de médecines non conventionnelles, se revendiquent ʻinspirées “ de la médecine chinoise. Pourquoi pas ? On peut prendre cela comme un hommage. Cependant, lʼusage de lʼaiguille en a toujours été exclu. Mais, jamais dans les principes fondamentaux, de lʼhistoire de cette médecine millénaire, lʼaiguille dʼacupuncture sʼest égarée sur des “ triggers points  » traités par “ aiguille sèche ”. Bel euphémisme qui croit détourner lʼattention sur lʼutilisation de lʼoutil de lʼacupuncteur.

Mon Maitre, le Pr Jacques LAVIER, avait un jour sorti cette boutade : << Même sur une saucisse de Strasbourg, on peut trouver des points dʼacupuncture !! >>.

Étant kinésithérapeute et ayant enseigné cette discipline, on ne peut me taxer de partialité en défendant lʼavenir de la profession dʼacupuncteur et les combats menés pour sa reconnaissance dans ses droits, ses devoirs et ses compétences acquises après quatre années dʼétudes théoriques et cliniques. Dans ma carrière professionnelle, jʼai occupé des responsabilités syndicales et défendu les droits et objectifs légitimes des kinésithérapeutes, mais, là, jʼoppose un veto formel à une transgression inacceptable dans notre domaine.

Bernard AVEL  

Président du CCREAT