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Lettre mensuelle juin 2019

C’EST NOTRE HISTOIRE

 

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L’image de l’acupuncture, décryptée et ordonnée pour nos esprits occidentaux, par Georges Soulié de Morant, n’a vraiment commencé à imprégner les milieux médicaux que vers la fin des années 50 par l’information diffusée dans la presse professionnelle.
Cette information se révélait au travers d’articles de vulgarisation vers un public peu ou pas informé et souvent indifférent .

Mais, en sciences, il y a des esprits plus curieux et ouverts que d’autres qui se satisfont des connaissances acquises pour leur pratique quotidienne.

En poursuivant un chemin, on peut avancer en ne regardant que ses pieds et suivre ce qui est tracé, ou poser son regard sur l’environnement pour s’imprégner des richesses qu’il recèle. Ce qui se perçoit au présent et, ce qui est en devenir.

Le savoir académique transmis par nos Maîtres est une boîte à outils qui sert à ouvrir et à façonner notre intelligence, mais ce n’est pas une fin en soi. Il nous permet d’accéder à des connaissances et à la recherche, afin de faire librement des choix, en affutant notre discernement pour développer notre sens de l’observation.

Depuis la nuit des temps la médecine s’est construite sur une compilation d’observations où s’additionnent échecs et succès. C’est la somme de celles-ci qui permet de s’approcher au plus près de la cause. Ne jamais se marginaliser d’autres savoirs.

Le Pr Jean Piaget biologiste écrivait que : ”l’être humain est actif dans la construction du savoir et qu’il ne se contente pas d’accumuler des connaissances de manière passive, mais, il cherche à leur donner sens”.

Si l’on situe généralement les débuts de l’histoire européenne de l’acupuncture au XVIIème siècle, c’est déjà sous le roi Saint Louis qu’on commence à montrer de l’intérêt à la culture extrême-orientale car il envoie son ami intime, le franciscain Guillaume de Rubrouck, en mission en Asie. Celui-ci rapportera des écrits de ses voyages dans lesquels tout un chapitre est consacré à la médecine chinoise et à son mode de pensée différent de la doxa chrétienne.
C’est grâce aux routes de la soie que des échanges économiques et culturels vont commencer à influencer la pensée occidentale, qui, déjà à l’époque est conceptuelle, alors que la pensée chinoise est emblématique. Ce qui explique que les médicastres du XVIème et XVIIème siècle, fidèles à la doctrine de Galien étaient peu préparés à comprendre cette médecine millénaire.
Peut-on dire que depuis ces audacieux précurseurs, les choses aient vraiment changé ?
Sans hésiter on peut répondre que oui, au niveau d’adhésion d’un large public qui a expérimenté et apprécié les effets bénéfiques. Mais il faut admettre que les instances scientifiques et les chapelles corporatistes restent, dans le meilleur des cas interrogatifs, ou, singulièrement fermés à tout dialogue d’ouverture sur un moratoire expérimental .
Toutes les professions, qu’elles soient médicales ou pas, se sont créées et organisées de l’intérieur, puis, se sont imposées par la pertinence de leur utilité sociale. Pourquoi pas nous ? Un moratoire permettrait d’ouvrir une parenthèse pour évaluer la réalité de la situation, d’encourager les praticiens à se déclarer et faire état de leurs compétences. Nous aurions une représentation objective en validant les enseignements de qualité. Nous en avons les garanties et les éléments pour en attester. Il faut que l’offre de soins soit en adéquation avec la demande.
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