Les 124 “ AUTORITAIRES de SANTÉ ” …. Effets boomerang !!

LETTRE JUIN 2018Dans notre Lettre de mai, nous nous sommes élevés contre ce réquisitoire ex abrupto contre l’acupuncture, sans faire l’objet d’une connaissance immédiate certaine, ni d’une démonstration rigoureuse des arguments.

Notre réaction était légitime au nom de cette science trois fois millénaire et qui a apporté bien des éclairages à la médecine moderne.

Mais, le paradoxe est que ce plaidoyer est destiné à la condamnation des médecins qui ont “dévié” de la doxa académique et enfreint les lois de l’enseignement universitaire.

Cet Appel va plonger l’Ordre des médecins dans une perplexité sans limites, car les attendus sont sans ambiguïté, puisque les signataires de la tribune demandent, entre autres, au Conseil de l’ordre des médecins et aux pouvoirs publics de :

<<• ne plus autoriser à faire état de leur titre, les médecins qui continuent à promouvoir ces médecines.>> Merci à ces “ marginaux” de venir s’assoir sur les bancs des tribunaux au côté des non-médecins qui ne sont pas visés dans ce réquisitoire

<<• ne plus reconnaître les diplômes d'homéopathie, de mésothérapie ou d’acupuncture comme des diplômes ni qualifications médicales >>. Bravo ! l’accusation portée pour exercice illégal de la médecine n’a plus d’objet et les tribunaux seront bien embarrassés pour condamner sans cet argument.

<<• ne plus faire produire en faculté de médecine «...» des diplômes appuyés sur des pratiques dont l'efficacité n'aura pas été scientifiquement démontrée >>. Et “pan sur le bec” des Doyens progressistes qui ont osé introduire une approche hérétique de la prévention pour une santé durable.

<<• ne plus rembourser par les cotisations sociales les soins, les médicaments ou traitements issus de disciplines refusant leur évaluation scientifique rigoureuse.>> Et encore “pan sur le bec” de l’INSERM et de L’Institut de Recherches Biomédicales des Armées (IRBA) qui ont produit de nombreux rapports scientifiques argumentés et validés par l’Académie de Médecine.

<<• l'exclusion de ces disciplines ésotériques du '' champ médical ".>> Parfait ! Nous attendons que l’Ordre des médecins applique cette revendication qui, de fait, interdirait toute poursuite pour exercice illégal de la médecine.

<<• ne plus " reconnaître " ces pratiques comme médicales.>> Merci à ces 124 qui viennent ainsi rejoindre nos revendications qui n’ont jamais prétendu s’inscrire dans le champ de la médecine conventionnelle. A chacun ses compétences et les malades seront bien soignés.

<<• ne plus les enseigner dans les formations.>> Nous ne voyons aucun obstacle à ce qu’un enseignement des fondamentaux de la médecine chinoise réunisse médecins et non-médecins sur les mêmes bancs, dans un tronc commun et, surtout, dans un combat commun contre l’obscurantisme de chapelles qui condamnent ce qu’elles ne connaissent pas.

<<• ne plus les rembourser, mieux informer sur leurs effets et enfin exiger des professionnels de s'en écarter. >> Et voilà, quand on n’a plus d’argument, si toutefois il y en eut, on fini par se répéter.

L’Appel de ces 124 aura, au moins, le mérite d’obliger l’Ordre des médecins et les Autorités de santé à se pencher sur le problème, pour sortir d’une réserve injustifiée et placer la France au même rang que les Etats de l’Union Européenne qui ont légiféré.

Bernard AVEL
Président du CCREAT