L’ordre et le désordre

A man leaves the French Social Affairs and Health Ministry on July 31, 2012, in Paris. AFP PHOTO / JOEL SAGET / AFP / JOEL SAGET Notre audition par la Commission de lʼenseignement du Conseil de lʼOrdre des Médecins, nʼa pas fait avancer le dossier de reconnaissance. Cette Commission reprend toujours les arguments des prédécesseurs et reste sur une position de replis et de non écoute. Nous constatons dʼailleurs un durcissement envers tout ce qui sort des normes de la médecine conventionnelle étatique.

Des attaques musclées ont concerné deux écoles dʼenseignement de lʼacupuncture qui se voient traduites en justice. Nous attendons quant à nous, CCREAT et CSNAT dʼêtre entendus par les enquêteurs à titre de témoins.

Nous apprenons aujourdʼhui que Le professeur Henri Joyeux. Ce professeur, chirurgien-cancérologue, à lʼorigine dʼune pétition controversée sur les dangers de certaines vaccinations, vient dʼêtre radié de lʼOrdre des médecins à compter du 1er décembre.

“ Je rentre des USA et jʼapprends par les médias que la chambre disciplinaire du Conseil de lʼOrdre des médecins du Languedoc Roussillon voudrait me radier de lʼOrdre des Médecins à dater du premier décembre 2016”. Ce grand médecin, dont la réputation et les compétences médicales ne sont plus à démontrer, serait-il un danger national en osant émettre un avis, largement partagé par dʼautres sommités médicales ? Depuis quand, la liberté de sʼexprimer sur des problèmes sociétaux doit-elle recevoir lʼautorisation ordinale ?

Comme lʼécrit un de ses collègues « en vous radiant, l’Ordre porte atteinte à la liberté d’expression qui est pourtant un droit garanti par la Constitution française… ». Serait-il impossible et sanctionné dʼêtre lanceur dʼalerte en participant aux actions de vigilance sanitaire ?

En ce qui nous concerne, l’Ordre a émis – ou plutôt réitéré – une position qui n’est pas nouvelle. Il ne faut pas s’en étonner. Mais, ce n’est qu’un avis que l’on peut contester par un dossier crédible et argumenté. Cette décision concernant le Pr Joyeux est la preuve que l’Ordre a décidé de s’attaquer à tout ce qui n’est pas conventionnel et orthodoxe. Cela va à lʼencontre de toute recherche dans les domaines qui restent largement à explorer et à exploiter dans dʼautres médecines ancestrales.

La suppression de l’Ordre était la 85ème des 110 proposition de lʼengagement du candidat Mitterrand à la Présidence de la République, qui qualifiait lʼinstitution ordinale comme « une offense pour la démocratie . Rien de bien nouveau, car La loi du 7 octobre 1940 – sous le Régime de Vichy – créait un Ordre des médecins et supprimait aussi les syndicats médicaux. Les temps ont changé, lʼesprit demeure. LʼOrdre – dans sa mission professionnelle – peut être consulté, mais il ne peut être entendu comme représentant dépositaire de la Loi.

Que lʼon soit bien compris, notre position critique sʼadresse à lʼinstitution ordinale investie de pouvoirs excessifs et non à la communauté des médecins, avec laquelle – individuellement – nous avons des rapports de confiance et de confraternité.

Madame la Ministre de la Santé, nous avons été reçus en juin 2015 par vos Conseillers et nous avons été écoutés avec intérêt et attention. Nous les en remercions. Nous sollicitons à nouveau la possibilité de faire valoir nos arguments et lʼurgence de trouver une voie de compromis.

La France, à qui on peut attribuer lʼhonneur et le mérite dʼavoir été à lʼorigine de lʼintroduction en Occident de la médecine chinoise au XVI ème siècle, sʼest laissée distancer par ses voisins européens, qui ont tous légiféré sur la reconnaissance de lʼexercice de la médecine chinoise par des praticiens non- médecins, après une formation encadrée. Les preuves de leur innocuité et de leur utilité ont été prouvées, en mettant un terme au charlatanisme, favorisé lorsquʼil y a un vide juridique.

Nous avons soumis à vos services un dossier dʼune grande exigence sur le niveau de formation et nous sollicitons, quʼau-moins une expérience – sur une durée limitée – soit mise en place pour juger de son utilité dans le champ de nos compétences pour un avenir de santé durable.

Bernard Avel

Président du CCREAT