Monsieur le Président de la République,

Nous avons écouté attentivement votre discours devant le Congrès, et, c’est avec satisfaction que nous avons constaté que votre vision de la société répond à nos attentes depuis plus de 35 ans que nous luttons pour notre reconnaissance, lorsque vous déclarez :

<<... il faut sortir de ce climat de faux procès où le débat public nous a enfermés trop longtemps. Il nous faut retrouver de l’air, de la sérénité, de l’allant. Il y faut un effort parce que ces faux procès sont
nombreux…
Derrière tous ces faux procès, on trouve le même vice, le vice qui empoisonne depuis trop longtemps notre débat public : le déni de réalité, le refus de voir le réel en face. L’aveuglement face à un état d’urgence qui est autant économique et social que sécuritaire. Là-dessus, j’ai toujours considéré que le peuple français est plus sage et plus avisé que beaucoup ne le croient. Si bien que je pense profondément que le mandat que nous avons reçu du peuple est un mandat à la fois exigeant et profondément réaliste, et que pour l’accomplir nous devons nous placer au-delà de la stérilité de ces oppositions purement théoriques…Mais c’est aussi le mandat du projet progressiste, d’un projet de changement et de transformation profonds.
Je pense à chaque Française, à chaque Français, soucieux de bien faire et de mener une vie digne de lui.
Elle est là, la vraie richesse d’un pays et le mandat qui nous est donné, c’est de créer de l’unité où il y avait de la division. De redonner à ceux qui sont exclus la simple dignité de l’existence, leur juste place dans le projet national. De permettre à ceux qui créent, inventent, innovent, entreprennent, de réaliser leurs projets…….>>

Dans les années 60, nous avons choisi un idéal professionnel qui est celui d’exercer la pratique de l’acupuncture par des praticiens non-médecin. Si les services de l’Etat ne se sont jamais montré hostiles à ce projet, il n’a jamais été démontré qu’une volonté de piloter le dossier des études faisait consensus. Les responsables du Ministère de la santé se sont toujours exonérés d’une décision derrière l’avis du Conseil de l’Ordre des médecins, sachant que celui-ci a toujours été négatif.
Le Conseil de l’Ordre a décrété que l’acupuncture est un acte médical et, de ce fait, réservé aux seuls médecins, en contradiction avec l’avis de l’Académie de médecine qui déclare que ce n’est pas un acte de médecine conventionnelle qui, d’ailleurs, n’est pas enseigné dans le cursus de formation des médecins.
Des confrères sont poursuivis pour exercice illégal de la médecine Or, la pratique de l’acupuncture n’est pas inscrite dans la loi, mais des arrêtés du Code de santé publique l’ont incluse dans l’exercice de la médecine. D’ailleurs, la plupart des personnes inquiétées sont relaxées, car les magistrats ne peuvent appuyer leurs décisions que sur le droit, qui, en l’occurrence présente un vide juridique, un exercice illégal étant un acte contraire à la loi. Dans ce cas, l’Ordre des médecins se place au-dessus de la voie parlementaire qui, elle, doit légiférer sur une décision en réponse à une forte demande sociétale.
C’est bien dans le sens de votre déclaration que nous entendons nous positionner :
<< Redonner sa place à l’intelligence française, enfin, c’est comprendre que les Français sont assez intelligents pour faire leur chemin tout seuls. Ce ne sont pas les Français qu’il faudrait désintoxiquer de l’interventionnisme public, c’est l’Etat lui-même....
….Ce que nous avons à accomplir, c’est une véritable révolution. Voici plus de 30 ans que nous nous accommodons d’un double discours, les grands principes d’un côté, le langage politique de l’autre, et entre les deux rien, le néant des réalisations caché par l’accumulation des lois et réglementations de toutes sortes….>>.

Ces déclarations, Monsieur le Président, nous les entendons avec confiance et espérons des services de l’Etat qu’il en sera de même pour que naisse une profession réglementée.
Cette absence d’un vrai cadre juridique laisse le champ libre à tous les charlatanismes, tant du côté des formations incontrôlées que des pratiques douteuses.
Nous demandons la même reconnaissance de compétences et les mêmes droits que ceux accordés aux ostéopathes, obtenus après un long combat contre un Ordre des médecins et des syndicats médicaux hostiles à toute promotion professionnelle dans le domaine de la santé.

Bernard Avel

Président du CCREAT