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CSNAT INFOS JANVIER 2021

LE CONCEPT DE LA PREUVE SCIENTIFIQUE

Bernard AVEL Vice Président du CSNAT

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Depuis plus de quarante ans que nous luttons pour notre reconnaissance professionnelle, et notre survie, l’argument des détracteurs est qu’on ne peut apporter de « preuve scientifique » de l’efficience de l’acupuncture. Bien que ce ne soit pas notre propos, qui consiste à reconnaitre notre légitimité à exercer librement notre art qui se justifie par la pérennité millénaire, nous devons argumenter.

Beaucoup de preuves, qui sont actuellement devenues scientifiques, ont été le résultat d’accidents de laboratoire. Par exemple, la “découverte » de la pénicilline . Nombreux sont les médicaments actuels, issus d’un usage empirique de plantes sauvages, mais, qui relevaient d’observations d’effets bénéfiques sur la santé des humains ou des animaux qui les consommaient instinctivement, sans pour autant en avoir à le démontrer. La preuve se révélait par le effets. L’efficience étant le rapport entre les résultats obtenus et les moyens utilisés.

Karl Popper a écrit : « Dans les sciences empiriques, qui seules peuvent fournir des informations sur le monde dans lequel nous vivons, les preuves n’existent pas, si nous entendons par “preuve” un fait qui établit une fois pour toutes la vérité d’une théorie »

Pour Albert Einstein le jugement est plus radical lorsqu’il déclare :
« Le théoricien scientifique n’est pas à envier. Car la nature, ou plus précisément l’expérimentation juge de manière implacable et peu amicale son travail. Elle ne dit jamais “oui » à une théorie. Dans les cas les plus favorables, elle répond « Peut-être » et généralement simplement “Non ».

Il considère « qu’un domaine est une science si le corpus des théories qui y sont généralement admises respecte les critères de Popper. En outre, ce caractère scientifique ou non, n’est en rien un indicateur de la vérité scientifique (puisqu’une théorie n’est considérée comme “possiblement » vraie ou proche du vrai que jusqu’à sa réfutation), ni de l’intérêt scientifique : l’histoire des sciences enseigne que beaucoup de théories scientifiques sont nées sur un terreau qui ne respectait pas les critères actuels pour une science »…

Le caractère non scientifique d’une théorie est souvent considéré comme synonyme de « sans intérêt scientifique », ce qui sous-entendrait que la science ne se préoccupe que de ce qui est “scientifique ».

Est-ce que le scientifique le plus pointilleux réfuterait que le geste inné et spontané d’un enfant qui tombe et se frotte l’endroit douloureux, est devenu la science du massage reconnue par un diplôme d’Etat sans avoir dû le démontrer scientifiquement ? Il est avéré que l’acupuncture s’est codifiée au cours des millénaires à partir d’une somme d’observations et de compilations d’effets bénéfiques pour arriver à construire un corpus cohérent et applicable aux générations futures.

Il est admis que la science est l’ensemble des connaissances ayant pour objet l’étude de faits et de relations vérifiables, caractérisée par l’observation, l’expérience, les hypothèses et la déduction. Elles ont pour but de comprendre et d’expliquer le monde de la phénoménologie – c’est-à-dire de produire des connaissances à partir des faits observables. Ces connaissances sont à la base de nombreux développements techniques ayant de forts impacts sur la société.

Les connaissances se présentent non comme un savoir acquis, mais comme une intuition salvatrice, un acte de la pensée qui permet de percevoir quelque chose et d’en comprendre les caractéristiques, les propriétés, ainsi que le résultat de cet acte.

Si nous nous plaçons du point de vue des Autorités médicales, nous devons admettre que l’acupuncture n’apporte pas de preuves scientifiques selon la définition de Popper. Mais alors, le Ministère de la santé et l’Ordre des médecins qui en revendiquent l’exclusivité, doivent admettre que l’acte ne peut être considéré comme médical, puisque non scientifique et que tout acte pratiqué par un médecin doit avoir été codifié sur une base scientifiquement éprouvée. Donc, la pratique de l’acupuncture par un non médecin, ne peut être sanctionnée comme exercice illégal de la médecine, puisqu’elle n’est pas scientifique au sens médical du terme. D’ailleurs, c’est bien ce qu’il ressort du Rapport de l’Académie de médecine .

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