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Lettre mensuelle décembre 2018

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UN CONGRÈS MONDIAL… EN FRANCE, ET APRÈS ?

RTR350QH« Derrière la réalité dans laquelle nous vivons, s’encache une autre, toute différente, de telle sorte que la première, n’est elle aussi qu’une apparence » ( Fredrich Nietzsche )

Chacun voit quelque chose que les autres ne voient pas. C’est un peu la leçon que nous devons tirer des conséquences de ce congrès auquel nous étions
présents. Patrimoine mondial ? Cela reste à voir !

La première journée qui se déroulait à l’UNESCO était consacrée à l’ouverture du Congrès par les différentes personnalités mondiales, dont 8 sur 10 étaient chinoises, avec l’ambassadeur de la RPC et son Conseiller à la Culture venu présenter le mécénat principal et les sponsors. Nous passerons sur la présence d’un Monsignore italien venu parler du rôle des jésuites. En revanche, aucun représentant français du Ministère de la Santé. Seul un député de Paris, M. Buon Huong Tan, membre de la Commission des Affaires étrangères était présent, mais n’était pas un professionnel de l’acupuncture. Monsieur François Hollande , inscrit aux personnalités invitées, n’est pas venu .
Que faut-il conclure de cette absence, dans un Congrès mondial qui concerne la santé, des Autorités françaises, à la fois du monde médical et des élus politiques, dont un grand nombre sont des médecins ? C’est trop révélateur du manque d’intérêt que nos élus attachent à nos revendications d’une reconnaissance légitime obtenue dans tous les Etats de l’U.E.  Une fois de plus, la France se marginalise sur une question sociétale qu’elle refuse de regarder en face depuis des décennies. L’éternel argument de la preuve par l’expérimentation est largement dépassé par tous les travaux mondiaux et… français .
En revanche, le message envoyé par les représentants chinois au cours des différentes interventions était très clair, reçu comme un leitmotive. La RCP entend  sans ambiguïté reprendre la main sur “son patrimoine“ que l’Humanité a cependant préservé de l’oubli. L’avertissement que les programmes enseignés en Europe seront ceux définis selon les normes et critères reconnus par les autorités universitaires étatiques chinoises .

Ce qui nous a le plus inquiété c’est l’acquiescement consensuel des responsables français qui n’ont pas réagit publiquement à ces déclarations réitérées par les intervenants. Les médecins acupuncteurs, enseignants et chercheurs attachés au respect des fondamentaux, croisés au cours de ce congrès, étaient atterrés et sincèrement inquiets de ces dérives . Une mise sous tutelle de notre enseignement ?

Parmi ces dérives, il faut noter une conférence d’un universitaire français sur l’avenir de la cyber-acupuncture ! Pourquoi, ne pas se fondre dans le moule de la cyber-médecine à distance prônée et adoubée par une précédente Ministre de la Santé ? Quelle misère ! Un médecin connu de tous pour ces écrits et ses travaux nous confiait : << L’acupuncture est dans sa crise de récession…. Je n’aimerais pas être un jeune acupuncteur en début de carrière >> . C’est un constat pessimiste et objectif, contre lequel il convient à chacun de lutter. N’attendez pas que l’ont soient seuls à votre secours.
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Lettre mensuelle novembre 2018

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QUAND C’EST TROP… C’EST TROP PEU

CnSMx1WWgAA3uXJNous ne devons pas laisser croire que tout progrès scientifique se réduit à des mécanismes, des machines, des engrenages qui, par ailleurs, ont leur beauté propre.

Faire reconnaitre la profession passe d’abord et avant tout par une reconnaissance de l‘enseignement et une validation du contenu du cursus.

Il s’agit bien, dans une première démarche, de la qualité de la formation et de son intégration dans le champ des techniques de santé.

Nous voyons que, sur ce point capital les avis et les propositions divergent.
Nous réaffirmons q’un praticien ne peut être bien formé que si l’enseignement qu’il a reçu correspond à un programme ciblé, développant toutes les connaissances fondamentales et pratiques qu’il devra acquérir pour exercer sa profession avec toute la sécurité indispensable dans la dispense de soins.

Or, nous avons constaté lors des réunions avec la DIRMECH et les démarches entreprises par cette association, que les propositions se dirigeaient vers une intégration de techniques et de compétences sur le modèle de celui proposé par la République populaire de Chine.  Sans porter de jugement sur ce qui se pratique en Chine, nous savons déjà que les législations n’obéissent pas aux mêmes critères que ceux imposés par notre Code de santé publique et que les responsables professionnels ne peuvent les ignorer, ni les contourner.

Nous regrettons que les engagements pris à l’unanimité au Congrès de Rennes en 1982 par les Commissions constituées en 1981 au Congrès de Chamarandes soient maintenant reniés par certains des acteurs qui en furent à l’initiative. Nous étions dans une de ces Commissions représentée par le SAT. C’est dans cette dynamique que sera fondé le CCREAT en décembre 1982 qui s’appliquera jusqu’à ce jour à respecter les décisions entérinées par ce Congrès fondateur. Cet extrait du Rapport résume parfaitement les étapes des démarches à engager :
 EXTRAIT
Ce qui était valable en 1982 reste d’actualité, parce que c’était une décision réaliste et objective dans une démarche de reconnaissance dont les auteurs sont loin d’être des utopistes.
Revendiquer une reconnaissance globale dans un ensemble de compétences, revient à dévaloriser chacune de ces spécialités qui, nous le savons, exigent des temps de formations qui ne peuvent être réduits à quelques heures.
Laisser à penser que l’on peut cumuler les études d’acupuncture ( 3 à 4 ans selon les cursus ) avec la pharmacopée ( au moins 3 ans sans parler de prescription ) reviendrait au niveau des études de médecine, sans tenir compte de la certification en Sciences bio-médicales pour les primo-accédants. Ce qui sera le cas pour les jeunes étudiants sortant du lycée avec le baccalauréat.
Qui choisirait cette option ?
Comment imaginer que les Autorités de santé accepteraient les bases d’une telle proposition ?
La profession sera confrontée à des choix, sans flirter avec la démagogie ni les promesses gratuites, pour satisfaire toutes les revendications et les compétences insuffisantes.
Bernard AVEL, Président du CCREAT