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Lettre mensuelle mai 2019

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LES AIGUILLES DU TEMPS

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Ce duo de précurseurs, médecin et non-médecin devrait inspirer nos décideurs actuels sur cette conjonction humaniste d’un savoir ancestral et de la médecine scientifique contemporaine.

En 1932, ces bâtisseurs d’une médecine holistique réussissent à convaincre le Pr Charles Flandin d’ouvrir dans son service de l’Hôpital Bichat à Paris, la première consultation d’acupuncture, date historique de la reconnaissance contemporaine de cette médecine millénaire. Ils seront soutenus dans cette aventure médicale par les Dr Marcel et Thérèse Martiny fondateurs du Cercle du Carrefour de Cos. Cette expérience se multiplie alors dans d’autres hôpitaux parisiens (Beaujon, St-Louis, Léopold Bellan ). Qu’en est-il aujourd’hui ?

Mais, l’enseignement est embryonnaire et se transmet de maître à disciple. Et, comme bien souvent, l’élève se veut dans la lumière. C’est ainsi qu’en 1945, le Dr Roger de la Fuÿe, formé par Soulié de Morant, lui intente un procès pour exercice illégal de la médecine qui affectera gravement la santé de celui qui a été son Maître. Ce de la Fuÿe a trahi son serment d’Hippoctare où le futur médecin déclare :  » je serai respectueux et reconnaissant envers mes Maîtres, je rendrai à leurs enfants l’instruction que j’ai reçue de leurs pères. Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses. Que je sois couvert d’opprobre et méprisé de mes confrères si j’y manque” . Dont acte !

Il venait de semer la graine de la discorde, au mépris d’une entente cordiale, où médecins et non-médecins travaillaient dans un esprit de recherche commune au profit des patients et du progrès médical qui a une dette historique envers cette médecine avant-gardiste.

Huit décennies ont passé et les aiguilles du temps et celles de l’acupuncture ont continué à tourner, dictant les Lois de la chrono-biologie et des ses applications en chrono-acupuncture spatio-temporelle. C’est dans ce climat de rejets mutuels que nos projets de reconnaissance ont dû s’inscrire et s’imposer malgré une adversité permanente.

Dans un travail de recherches fouillées, Ronald Guilloux a soutenu en 2006 une thèse de doctorat en science politique (IEP de Lyon, Groupe de Recherche en Epistémologie Politique et Historique) sur La réception de l’acupuncture extrême-orientale dans le système de santé français du 17ème siècle à nos jours. L’acupuncture est-elle en cours d’intégration à notre système médical, traduction d’un élargissement de nos conceptions de la santé et du champ des pratiques “légitimes » de la médecine ? – Il déclare en introduction : « Le fait que l’acupuncture fasse l’objet d’un enseignement universitaire ne signifie pas que le mur a cédé, mais qu’il est en train de céder”.

Le combat que nous menons depuis plus de quatre décennies n’a jamais cessé malgré les adversités et nos différents internes sur les orientations utopistes des uns et les réalités imposées par un Etat de droit. Notre dossier est désormais confié par la Ministre de la santé à la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) – C’est un progrès significatif et une reconnaissance du sérieux de notre dossier. Nous attendons qu’une suite favorable soit concrétisée.

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Lettre mensuelle avril 2019

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LES CERTITUDES SCIENTIFIQUES

OU LA PENSÉE UNIQUE ?

rigide-sens-obligatoire-droite-webLa santé, peut-elle se priver de toute connaissance, même si celle-ci n’est pas inscrite dans le marbre des critères académiques ?

 Il ne faut pas confondre ce qui est de l’ordre de l’idéologie et la pensée unique qui ressort du conformisme majoritaire, présentée comme légitime et prétend à servir l’intérêt général.

L’idéologie relève d’un système de pouvoir. Elle a une dimension culturelle pour imposer une autorité dans un endoctrinement.

La certitude scientifique serait le moyen terme, entre ces deux systèmes de penser, comme preuve incontestable et définitive. Les hécatombes médicales en sont une triste démonstration.

Cependant, Platon, dans La République  s’interroge sur “l’illusion du savoir“ et après lui Pascal dans Pensées reconnait dans la sciences des limitations fondamentales aux certitudes absolues. La dictature de la preuve scientifique est devenue une religion qui s’impose, même si les instruments pour exploiter ce qui est du domaine non conventionnel, restent à inventer.

C’est bien ce qui pose problème entre les certitudes de la médecine occidentale et la pensée chinoise universelle, dont une des applications est sa médecine ancienne traditionnelle.

Il est regrettable que des médias se fassent les relais d’informations sur des sujets qu’ils ne maîtrisent pas et que, dans un fil de chroniques, alignent sans discernement sur un thème de “fake news” des analyses dont ils ne sont pas les auteurs.

Dernièrement sur France Info TV, de jeunes journalistes ont “affirmé” sur la foi du message des 124 “savants”, que l’homéopathie était un placebo et que son action n’était pas “scientifiquement” démontrée. Ont-ils fait des recherches sur des travaux publiés, avant de se poser en procureurs de la vérité ?

Dans cette information, tous publics, sans débat contradictoire, sur l’efficacité thérapeutique de l’homéopathie, il était bien entendu que cela concernait aussi l’acupuncture.

En justice, le doute profite à l’accusé. La qualité d’un thérapeute réside dans sa capacité à accepter une part de doute dans les certitudes qu’il a reçues d’un enseignement universitaire, lorsqu’il ne maîtrise pas totalement un sujet. La médecine a fait des progrès, parce que le doute a poussé la recherche pour valider des théories en certitudes. Toutefois, cela n’a pas empêché les accidents.

Faire preuve de sagesse et d’humilité, crée un espace au questionnement et fait avancer la recherche. Toute certitude détermine une fin en soi qui est un obstacle au progrès.

La médecine, sous l’autorité des ses Ordres, ne peut être “jupitérienne”,  en imposant des avis péremptoires sur ce qui dépasse son entendement .

Et, quand bien même, en épousant le raisonnement des sceptiques, les résultats constatés de ces médecines seraient dus à un effet placebo ? Cela ne ferait que prouver que le mental a un effet incontestable sur le physique et la capacité de notre cerveau à en décoder les interactions mystérieuses. C’est bien ce domaine qui échappe encore à la pensée cartésienne.